Qu’est-ce que le km-effort ? Définition, formule, exemple
Définition
Le kilomètre-effort est une mesure de la difficulté d’un parcours de trail qui ajoute un kilomètre par tranche de 100 mètres de dénivelé positif : km-effort = distance en km + D+ en mètres / 100.
Le kilomètre-effort est la façon dont les traileurs convertissent le dénivelé en distance : chaque tranche de 100 m de D+ compte pour un kilomètre de plus. Un trail de 25 km avec 1 000 m de D+ fait 35 km-effort, et se compare plus honnêtement à 35 km sur route, ou à un autre trail du même total, qu’en regardant la seule distance.
C’est une convention, pas une loi de la physiologie. Elle est née dans le trail français, où entraîneurs et organisateurs avaient besoin d’un moyen rapide de dire si un parcours était dur, et l’ITRA utilise la même somme, distance plus D+ divisé par 100, pour classer les courses. Son intérêt : elle se calcule de tête sur la ligne de départ.
Comment se calcule le km-effort
km-effort = km + D+ / 100
- km = distance du parcours ou de la sortie
- D+ = dénivelé positif total en mètres
La descente est ignorée : elle n’apporte ni bonus ni pénalité. Certains entraîneurs pondèrent la montée différemment sur des parcours très raides ou très roulants, d’autres ajoutent une part du D−, mais 100 m pour un kilomètre reste la version courante, celle utilisée ici.
Avec le km-effort, une course passée devient une prédiction. L’estimateur de temps en trail applique la formule d’endurance de Peter Riegel au km-effort plutôt qu’à la distance :
T = T_ref × (E / E_ref)^k
- T_ref, E_ref = temps et km-effort d’une course que vous avez courue
- E = km-effort de la course visée
- k = 1,06 (valeur de Riegel sur route) pour la borne basse, 1,10 pour la borne haute
Exemple chiffré
- Référence : un trail de 25 km et 1 000 m de D+, soit 25 + 1 000 / 100 = 35 km-effort, bouclé en 3:00:00. Cela fait 10 800 s / 35 = 5:09 par km-effort.
- Objectif : 42 km et 2 000 m de D+, soit 42 + 20 = 62 km-effort.
- Borne basse : 3:00:00 × (62 / 35)^1,06 = 5 h 30.
- Borne haute : 3:00:00 × (62 / 35)^1,10 = 5 h 38.
- Soit 5 h 30 à 5 h 38, environ 5:20 par km-effort et 7,5 km/h de moyenne sur les 42 km réels.
L’exposant 1,06 vient des travaux de Riegel sur les records sur route et sur piste. La borne haute de 1,10 est notre hypothèse pour le ralentissement supplémentaire des longues journées en trail, pas une valeur publiée : c’est pour cela que vous obtenez une fourchette et non un temps à la minute.
L’utiliser à l’entraînement
Comptez vos semaines en km-effort autant qu’en kilomètres. 12 km avec 600 m de D+ font 18 km-effort ; une semaine de 55 km avec 2 000 m de D+ en fait 75, autant que 75 km sur le plat. Un plan qui ne compte que les kilomètres vous surcharge sans le dire.
Choisissez vos sorties longues en km-effort. Si la course visée fait 62 km-effort, une sortie longue de 30 à 35 km-effort avec une part de D+ réaliste vous apprend bien plus que 30 km sur le plat. Gardez un D+ par kilomètre proche de celui de la course : autour de 30 m/km sur un parcours roulant, 60 m/km ou plus pour un trail alpin.
L’allure par km-effort donne une idée grossière de la forme d’un parcours à l’autre. Si elle baisse au fil d’un bloc sur des terrains comparables, c’est un meilleur signe qu’une boucle rapide isolée. Les plans d’entraînement trail sont construits autour de ce type de progression, et pour les montées elles-mêmes, l’allure ajustée à la pente dit ce que chacune a coûté en énergie.
Limites
Une règle unique pour toutes les pentes est une simplification. Sur une montée douce et courable, 100 m de D+ coûtent moins qu’un kilomètre ; sur un mur à 25 % monté aux bâtons, ils peuvent coûter davantage. Le terrain pèse encore plus : cailloux, racines, boue, neige et pierriers ralentissent bien au-delà de ce que dit le dénivelé, et deux courses au même km-effort peuvent se terminer très loin l’une de l’autre.
Ignorer la descente est le plus gros angle mort. Sur un parcours aux longues descentes raides, ce sont vos quadriceps qui fixent l’allure en seconde moitié, pas votre souffle, et le km-effort ne le voit pas venir. La nuit, l’altitude au-delà de 2 000 m environ, la chaleur et le temps passé aux ravitaillements restent aussi hors de la formule. Une référence sur route suppose des sentiers courables et reporte votre vitesse de route sur les montées : sur terrain technique, attendez-vous à finir au-delà de la fourchette.
Enfin, le km-effort ne dit rien de votre cote ITRA ou de votre UTMB Index, qui reposent sur leurs propres modèles. Voyez-le comme une monnaie commune pour planifier, pas comme une note.
Sources
- Riegel PS (1981). Athletic records and human endurance. American Scientist 69(3): 285–290.