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Que sont CTL, ATL et TSB ? Définition, formule, exemple

Définition

La CTL (forme) et l’ATL (fatigue) sont des moyennes pondérées exponentiellement de la charge d’entraînement quotidienne sur environ 42 et 7 jours, et la TSB (fraîcheur) est leur différence, CTL moins ATL.

CTL, ATL et TSB sont trois courbes tirées de la même charge d’entraînement quotidienne. La CTL (chronic training load) représente la forme, l’ATL (acute training load) la fatigue, et la TSB (training stress balance) la fraîcheur. Elles viennent du modèle impulsion-réponse publié par Eric Banister en 1975 : chaque séance augmente à la fois votre forme et votre fatigue, la fatigue se dissipe en quelques jours, la forme en quelques semaines, et la performance se situe dans l’écart entre les deux. Les sigles anglais ont été popularisés plus tard par les logiciels de cyclisme, mais les calculs restent ceux de Banister.

Comment on les calcule

On part d’une charge par jour, par exemple la somme des TRIMP des séances de la journée (0 un jour de repos). Forme et fatigue sont des moyennes pondérées exponentiellement de cette série, avec des constantes de temps différentes :

aujourd’hui = hier + (1 − e^(−1/τ)) × (charge − hier)

  • CTL : τ = 42 jours, chaque jour pèse 1 − e^(−1/42) ≈ 0,0235
  • ATL : τ = 7 jours, chaque jour pèse 1 − e^(−1/7) ≈ 0,133
  • TSB = CTL − ATL

Avec τ = 42 jours, l’effet d’une séance sur la CTL est divisé par deux en 29 jours environ ; sur l’ATL, en moins de 5 jours. Certains outils prennent le raccourci des moyennes mobiles, 2 / (N + 1), comme poids quotidien. Ce n’est pas le même modèle : avec N = 42, on obtient 0,047, soit le double de 0,0235, ce qui revient à diviser par deux les deux constantes de temps et rend les courbes bien plus nerveuses (Clarke et Skiba, 2013, détaillent la démonstration).

Les outils divergent aussi sur le jour retenu pour la TSB. OpenAthlete soustrait les valeurs du jour même, une fois la charge du jour comptée ; d’autres prennent celles de la veille, pour décrire votre fraîcheur au moment de commencer la séance. Sur les mêmes données, l’écart peut atteindre quelques points : ne comparez pas les chiffres d’une application à l’autre.

Un exemple chiffré

Une coureuse encaisse en moyenne 60 de TRIMP par jour depuis des mois : CTL et ATL valent 60, la TSB 0. Elle attaque une semaine chargée à 90 par jour. Après le premier jour :

  • CTL = 60 + 0,0235 × (90 − 60) = 60,7
  • ATL = 60 + 0,133 × (90 − 60) = 64,0
  • TSB = 60,7 − 64,0 = −3,3

Après sept jours à 90, la CTL n’a gagné que quelques points (64,6) alors que l’ATL a bondi à 79,0 : la TSB est à −14,4. Elle est un peu plus en forme, et nettement fatiguée. Elle redescend ensuite à 40 par jour pendant une semaine. L’ATL chute vite à 54,3, la CTL ne recule qu’à 60,8, et la TSB repasse en positif à +6,5. Cette asymétrie, la fatigue qui s’en va plus vite que la forme, est tout le principe de l’affûtage.

Comment s’en servir

La CTL indique la quantité d’entraînement que vous avez absorbée sur les un à deux derniers mois. Une hausse régulière de quelques points par semaine pendant un bloc de développement est le schéma classique ; un bond brutal mérite qu’on s’interroge, un long plateau aussi si vous attendiez des progrès. L’ATL suit chaque semaine et explique surtout pourquoi vous avez les jambes lourdes. La TSB est celle qu’on regarde avant une course : la plupart des athlètes courent bien entre une valeur légèrement négative et nettement positive, mais le bon chiffre est personnel, et on ne l’apprend qu’en notant sa TSB avant les courses réussies et ratées.

Les courbes deviennent plus utiles quand elles se prolongent dans le futur. Si vos séances prévues portent une estimation de charge, le modèle peut projeter CTL, ATL et TSB jusqu’au jour J et montrer si les deux dernières semaines vous amènent vraiment frais au départ. OpenAthlete le fait : il calcule les courbes à partir de vos activités et les projette sur les séances de votre calendrier. Il signale une TSB sous −20 ou au-dessus de +25 ; ces seuils sont des conventions pour lire la courbe, pas des limites validées. La page sur la charge d’entraînement détaille le calcul et renvoie vers le code.

Limites

Le modèle ne vaut que la charge quotidienne qu’on lui donne. Le TRIMP cardiaque sous-estime les sprints, le renforcement et la descente : les courbes ratent une partie de ce que fait un traileur ou un triathlète en salle. Les trous de données faussent aussi tout : une semaine de sorties sans ceinture cardio ressemble à une semaine de repos.

Les constantes de temps sont des conventions. Banister les ajustait athlète par athlète, et les valeurs obtenues varient beaucoup ; 42 et 7 jours sont des valeurs par défaut raisonnables, pas votre physiologie. Hellard et ses collègues (2006) ont montré à quel point les paramètres ajustés sont instables, même avec de bonnes données de nageurs de haut niveau. Enfin, le modèle ignore le sommeil, la maladie et le stress hors sport. Une TSB négative ne diagnostique pas un surentraînement, et une TSB élevée ne garantit pas que vous êtes prêt. Lisez les courbes avec la RPE de séance, la VFC et vos sensations.

Sources

  1. Banister EW, Calvert TW, Savage MV, Bach T (1975). A systems model of training for athletic performance. Australian Journal of Sports Medicine 7: 57–61.
  2. Morton RH, Fitz-Clarke JR, Banister EW (1990). Modeling human performance in running. Journal of Applied Physiology 69(3): 1171–1177. doi.org/10.1152/jappl.1990.69.3.1171
  3. Clarke DC, Skiba PF (2013). Rationale and resources for teaching the mathematical modeling of athletic training and performance. Advances in Physiology Education 37(2): 134–152. doi.org/10.1152/advan.00078.2011
  4. Hellard P, Avalos M, Lacoste L, et al. (2006). Assessing the limitations of the Banister model in monitoring training. Journal of Sports Sciences 24(5): 509–520. doi.org/10.1080/02640410500244697

Questions fréquentes

Il n’existe pas de valeur universelle. Beaucoup d’athlètes courent bien avec une TSB entre légèrement négative et nettement positive, mais le bon chiffre est personnel. Notez votre TSB avant chaque course et comparez-la avec le résultat.

Progressivement. Une hausse de quelques points par semaine pendant un bloc est courante ; bien plus vite, c’est en général un saut de volume ou d’intensité qui mérite d’être vérifié. Le modèle ne donne aucune limite sûre : votre réponse, votre sommeil et vos petites douleurs comptent davantage.

Les applications utilisent des scores de charge différents (TRIMP, TSS basé sur la puissance, scores basés sur l’allure), des poids quotidiens différents (1 − e^(−1/τ) ou le raccourci 2 / (N + 1)) et calculent la TSB le jour même ou la veille. La tendance est comparable, pas les chiffres absolus.

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